Superpose en temps réel des données numériques (images, schémas, repères anatomiques…) à la réalité perçue, afin d’enrichir et de sécuriser l’acte médical, technique ou chirurgical. Elle est utilisée en formation, en simulation, lors d’interventions ou en téléassistance.
Pr Benjamin Renaud-Picard
Réalité augmentée et simulation
« En pneumologie, nous utilisons pour la formation des étudiants au geste de la ponction pleurale, un simulateur visuel et sensoriel. Il est composé d’un mannequin, d’un bras robotique avec retour de force haptique (portant un petit stylet qui représente les différentes aiguilles utilisées), et d’un casque de réalité augmentée. Ce dernier permet d’avoir une vision normale de la peau du patient ou de voir en transparence les différentes structures anatomiques de sa cage thoracique et le trajet que doit emprunter l’aiguille. »
Points positifs
• La simulation en réalité augmentée permet de respecter le principe pédagogique : « jamais la première fois sur un patient », en sécurisant l’apprentissage des gestes invasifs.
• La combinaison de la vision augmentée et du retour de force haptique offre à la fois une compréhension anatomique fine et un ressenti manuel proche de la réalité clinique.
• La pratique de la simulation intégrant la réalité augmentée favorise une meilleure maitrise du geste et de l’organisation de l’intervention et améliore la confiance des étudiants. Elle réduit ainsi le stress lors de la première intervention.
• L’usage de la réalité augmentée en pneumologie permet d’envisager le développement de multiples scénarii d’apprentissages de gestes techniques, intégrant la visualisation de la variabilité anatomique comme différentes typologies de patients…
Points d’attention
• Une évaluation scientifique rigoureuse est nécessaire, auprès des étudiants, mais aussi des patients, afin de confirmer que la réalité augmentée apporte une authentique plus-value pédagogique et ne se limite pas à un dispositif technologiquement attractif.
• L’usage de la réalité augmentée est avant tout un outil pédagogique : son intérêt pour la pratique clinique n’est pas avéré aujourd’hui.
• L’accès à ce type de technologie dépend fortement des infrastructures disponibles (unités de simulation, partenariats industriels), ce qui pose la question de sa généralisation.