La modélisation et l’impression 3D permettent de concevoir et de réaliser à la demande et sur mesure des dispositifs médicaux, des outils d’apprentissage ou des modèles anatomiques. Adaptable, rapide et économique, cette technologie favorise à la fois la personnalisation des soins pour les patients et la créativité des soignants en simulation comme dans leur exercice quotidien.

Simulation et innovation pour le soignant

L’impression 3D offre aux équipes médicales la possibilité de fabriquer elles-mêmes des outils d’entraînement ou du matériel adapté à leurs besoins. En simulation, elle permet de reproduire à faible coût des objets médicaux réalistes (ampoules, manomètres, laryngoscopes) pour un apprentissage sécurisé et pratique. Elle favorise également une culture de l’innovation ouverte et collaborative au sein des hôpitaux.

Dr Sami Ellouze
L’impression 3D


« Outre le fait que c’est plutôt ludique, l’impression 3D nous permet en tant que soignants d’inventer de nouveaux outils plutôt que d’être tributaires d’entreprises qui nous proposent du matériel standardisé. Grâce à l’impression 3D nous pouvons réinventer notre environnement et notre façon de travailler. »


Points positifs

Grâce à l’impression 3D, on peut créer physiquement un objet modélisé virtuellement.

Améliorer au quotidien les conditions de travail du soignant.

Permettre par la pratique de la simulation, aux soignants et aux étudiants de s’entraîner en toute sécurité.

Créer des réponses de façon autonome, à la demande, au plus près des besoins spécifiques des soignants.

Participer à une communauté internationale de makers, professionnels de santé, en réseau, afin de partager des idées et des fichiers.

Un matériel de plus en plus facile à prendre en main : imprimante plug and play.

Un moindre coût d’usage, hors de l’investissement initial pour acquérir l’imprimante.

Points d’attention

Prendre le temps de se former aux logiciels de conception et d’impression 3D

Dispositif personnalisé pour le patient

L’impression 3D permet de produire des attelles, prothèses ou implants sur mesure à partir d’un scan corporel. Fabriqués à la demande, ces dispositifs personnalisés optimisent la prise en charge et le confort du patient. Cette technologie se développe surtout en orthopédie, chirurgie réparatrice et dentisterie.

Mewen Goasduff

Rehab-Lab, l’impression 3D au service des patients

« Le FabLab Adèl’LAB est membre de la communauté Rehab-Lab. Ce réseau fédère des FabLabs implantés dans des structures de soins et des établissements médico-sociaux. Au sein de cette communauté d’ergothérapeutes et d’intervenants, on peut se former, échanger des pratiques, partager des modèles 3D d’aides techniques qui améliorent la qualité de vie des personnes accompagnées. »



Points positifs

L’impression 3D permet de concevoir des aides techniques personnalisées, adaptées à la morphologie du patient, à ses préférences (design, couleurs, décorations), pour un usage précis, lié à la communication, à la motricité, à l’alimentation…

Le coût de fabrication est très accessible comparé aux aides techniques standardisées
du commerce

Les délais de fabrication des aides techniques sont très réduits. Ces objets sont durables et solides.

Les fichiers numériques peuvent être partagés, réutilisés et modifiés, au sein du réseau Rehab-Lab.

L’implication des patients eux-mêmes dans la conception voire la fabrication de ses dispositifs au plus près de leurs envies et de leurs besoins, renforce l’attachement et l’appropriation de ces derniers, et limite leur abandon.


Points d’attention

Le fonctionnement efficace d’un Rehab-Lab repose sur des compétences spécifiques, du temps dédié et des équipements adaptés.

Le coût d’investissement pour acquérir les imprimantes 3D.

Les possibilités offertes par l’impression 3D restent encore peu connues des professionnels : un travail de sensibilisation est nécessaire.

La prise en main des logiciels de modélisation nécessite du temps de formation.

La fabrication d’aides techniques soulève des questions de responsabilité en cas de casse ou d’accident, les cadres juridiques sont encore flous.

Le big data désigne l’exploitation massive de données de santé (issues par exemple des dossiers médicaux bruts comprenant toutes les données primaires patient). Il vise à mieux comprendre le système de soins, identifier des facteurs de risque, soutenir le diagnostic, le choix et le suivi des traitements. Le big data permet le pilotage médico-économique des établissements de santé, l’orientation des politiques de santé publique et la recherche biomédicale.
La collecte et l’exploitation des données posent de nombreux défis techniques, ainsi que des questions éthiques et de sécurité.

Politiques de santé publique

Le traitement à grande échelle des données permet de détecter des signaux faibles à valeur prédictive, des tendances, des maladies, des épidémies, des “clusters”.
Et ainsi en suivant les populations, d’orienter les politiques de santé publique, de surveiller l’usage des médicaments et leurs effets indésirables.

Recherche et évolution des soins

Le big data favorise l’identification de nouvelles molécules, le repositionner des médicaments, et l’accélération de la recherche clinique à partir de données issues des soins.
Il ouvre aussi la voie à la modélisation des parcours de soins et à la prédiction des flux hospitaliers.

À l’échelle du patient

Le big data permet d’analyser la trajectoire individuelle du patient afin de prédire son évolution, anticiper ses besoins et améliorer sa prise en charge, tout en maintenant la supervision du soignant.

Dr Émilien Arnaud
Big Data et IA


« Les usages de big data, des données de santé de gros volume, peuvent être classés de deux manières : les usages des données pour servir des modèles centrés sur le patient, pour faire de la prédiction sur son orientation et son parcours de soin afin d’améliorer sa prise en charge, et d’autres usages qui consistent à analyser les données globales d’une population, soit analytiques ou pour prédire des tendances, afin d’établir des stratégies de santé publique. »


Points positifs
L’usage de questionnaires, de formulaires très fermés, vont donner des tableaux très facile à analyser. Ainsi le coût de l’analyse, le coût humain, financier et numérique de l’analyse sont très faibles.

Si on collecte toute la richesse des informations, par le texte libre, l’enregistrement sonore et vidéo, le soignant peut se concentrer sur le patient.

Points d’attention
En cas d’usage de questionnaires fermés, l’information est traitée a priori, le coût humain est assumé par celui qui remplit ce formulaire et il y a le coût de la représentativité de la réalité : est-ce que l’on a pu faire entrer le patient dans des cases ?

Dans ce cas, le soignant passe beaucoup de temps à remplir les formulaires et moins de temps à s’occuper des patients.

Si l’on choisit à l’inverse une large collecte d’informations, les coût recherche et financier a posteriori sont élevés afin d’extraire de ces données toute leur richesse.



La blockchain assure la transparence, le partage et la décentralisation, l’irréversibilité des enregistrements des données en santé, et la désintermédiation des décisions.
Elle favorise l’interopérabilité entre acteurs, et trouve des applications concrètes dans la coordination des soins, l’exécution automatisée de contrats et la recherche clinique.

Blockchain en santé

La blockchain garantit l’intégrité, la traçabilité et le partage des données de santé et du parcours de soins entre les acteurs. Chaque donnée est horodatée et authentifiée, assurant la continuité, la sécurité et la confidentialité des informations médicales. Elle permet au patient de maîtriser l’accès à ses informations personnelles.

Dr Edouard Lansiaux
Blockchain en santé

« La blockchain, si on devait faire une métaphore filée, serait l’héritage des anciens livres de notaire. Ces livres consignaient les actes notariés avec la date à laquelle l’acte avait été effectué, en quoi il consistait, quel était l’émissaire et quel était le destinataire. Ainsi toutes les transactions étaient codifiées et enregistrées au sein des actes notariés, et le notaire en tant qu’agent de l’État certifiait l’authenticité de ces actes.
La blockchain procède de la même logique, mais l’authentification des actes ne relève pas de la responsabilité d’une seule personne agrémentée, mais de chacun des acteurs de cette chaîne. »


Points positifs
La blockchain permet de sécuriser et de tracer les informations sensibles échangées en toute confidentialité entre les différents acteurs du soin.

Chaque information saisie est horodatée, infalsifiable, partagée en temps réel sur la blockchain, son origine, sa chronologie et son intégrité peuvent être vérifiées.

La blockchain améliore la sécurité du patient, le suivi et l’historique de son parcours, la coordination entre les professionnels.

Replace le patient au centre, seul authentification véritable de ses données, établissant une relation de confiance et de transparence avec les personnels de santé.

Favorise l’interopérabilité entre systèmes et la création d’un dossier patient universel.

Points d’attention

• La blockchain renforce la responsabilité collective, chacun est responsable de la qualité des données saisies.

Appelle un cadre réglementaire spécifique au contexte médical (RGPD, consentement, hébergement des données, empreinte énergétique) à l’échelle nationale ou supra nationale.

L’interopérabilité reste freinée par des enjeux contractuels et de propriété intellectuelle entre éditeurs de logiciels.

Contrats intelligents

Les “smart contracts” automatisent certaines démarches de santé (remboursements, validation d’étapes de protocole, suivi de télésurveillance…). Ils réduisent les délais administratifs et renforcent la fiabilité des échanges entre acteurs.

Recherche clinique

Les protocoles et résultats d’essais cliniques peuvent être enregistrés sur la blockchain pour en garantir l’intégrité, la traçabilité et la transparence publique. Cet usage renforce la rigueur scientifique et la confiance dans la recherche biomédicale.

L’IA en santé exploite les données pour assister le diagnostic, la prédiction ou la décision thérapeutique. Elle améliore l’efficacité, la précision et la personnalisation des soins. L’humain conserve cependant la responsabilité de la décision, garant de l’éthique médicale.

Gestion administrative

L’IA optimise les tâches de gestion hospitalière : prise de rendez-vous, codage d’actes, facturation, planification… Elle libère du temps médical au profit du soin.

Recherche, soin, thérapeutique

Exploration et croisement de grande bases de données afin d’identifier de nouvelles indications et applications thérapeutiques, soutenir la recherche clinique et accélérer l’innovation en santé.

Analyse prédictive

L’IA utilise des modèles mathématiques et des données massives pour anticiper des événements médicaux : risque de rechute, d’hospitalisation ou d’apparition d’une pathologie. Ces outils favorisent une médecine préventive plus personnalisée, tout en exigeant transparence, traçabilité et vigilance éthique.

Analyse d’images

L’IA peut analyser automatiquement des images médicales (radiographies, IRM, scanners,photos de peau) pour repérer des anomalies. Elle renforce la détection précoce, améliore la précision diagnostique et assiste les professionnels ,notamment en radiologie et dermatologie

Aide au diagnostic, aide à la décision

Les algorithmes d’IA croisent symptômes, antécédents et données cliniques pour suggérer des hypothèses diagnostiques ou des traitements. Ils soutiennent le médecin dans des situations complexes ou en surcharge d’information, tout en maintenant une décision finale humaine et responsable.

Dr Matthieu Heidet
L’IA en régulation

« Encore au stade de recherche, l’introduction de l’IA associée à l’expertise humaine dans la régulation au SAMU, pourra constituer une aide à la décision, en automatisant le traitement de tous les éléments qui sont perçus, dits ou entendus, en extrayant des informations de l’environnement sonore et émotionnel de l’appel. »


Points positifs

Détecter ou écarter plus d’informations que l’homme ne peut en traiter.

Améliorer la sécurité des processus métiers en régulation médicale.

Améliorer l’acceptabilité et la satisfaction patient/usager.

Envoyer le bon dispositif de secours au bon moment.

Orienter le patient au bon endroit dans les meilleurs délais.

Points d’attention

Pour être opérante, l’intelligence artificielle doit accéder en temps réel à une très grande masse de données médicales, la plupart sensibles, relevant d’administrations différentes.

Cette nécessité se heurte aux limites réglementaires, sécuritaires et éthiques.

Cette nécessité se confronte à l’acceptabilité humaine, aux réticences de la population médicale, à ses résistances au changement.

Les solutions qui ne sont pas encore éprouvées cliniquement de façon robuste en pratique courante.

Changer brutalement les pratiques risque de dégrader dans la phase initiale d’application les performances du système de santé.

Ce n’est qu’une aide à la décision, le soignant reste le décideur final.

Surveillance de patient à domicile

L’IA suit l’évolution de l’état de santé d’un patient via capteurs, alertes, ou analyse comportementale. Elle favorise l’autonomie et l’anticipation des complications et l’adaptation continue du suivi médical.

La m-santé désigne l’usage des appareils mobiles pour surveiller, prévenir, informer et accompagner les patients ou professionnels. Elle soutient l’autogestion de la santé via des applications ou objets connectés, tout en posant des questions d’éthique et de protection des données.

Objets connectés de bien-être et de loisirs

Dispositifs numériques (montres, balances…) permettant de suivre son activité ou son sommeil. Ils favorisent la prévention et l’autogestion de la santé, dans une logique de bien-être. Ces dispositifs ne répondent pas à une législation ou une normalisation, ils ne peuvent donc être utilisés dans un contexte médical.

Dispositifs médicaux connectés

Dispositifs numériques validés comme dispositifs médicaux (montre connectée DM de classe II, application liée à un stylo à insuline connecté, etc.). Ils partagent les données avec le patient afin de l’aider à s’autogérer et les transmettent le cas échéant au praticien pour l’alerter.

Dr Arnaud Depil Duval
Dispositifs de m-santé


« En tant que médecin régulateur au SAMU, lorsqu’un patient appelle pour un épisode de palpitation cardiaque, ma première question est de lui demander s’il a une montre connectée. Si tel est le cas, et si sa montre est reconnue comme dispositif médical de santé, je lui propose de faire un ECG et de le transmettre. Cela m’a permis plusieurs fois de faire très rapidement le diagnostic de fibrillation auriculaire et de fluidifier l’orientation de ce patient vers une filière spécialisée.


Les points positifs

Les dispositifs de m-santé labellisés dispositifs médicaux permettent de faire du dépistage, voire du diagnostic en tout temps et en tout lieu.

Ils contribuent à réduire la pression sur les services d’urgence très encombrés.

Les points d’attention

La confiance que le patient accorde à son dispositif de e-santé peut parfois perturber la relation médecin-patient, en déclenchant des alertes inutilement ou en ne détectant pas certains symptômes importants.

Beaucoup de dispositifs de e-santé n’ont fait l’objet d’aucune validation scientifique de leur efficacité (par exemple : mesure de la température, mesure de la saturation en oxygène, mesure de la pression artérielle).

L’homologation de ces objets comme dispositifs médicaux devrait être obligatoire, mais elle coûte cher et prend du temps.

La réalité augmentée et la réalité virtuelle sont intégrées aux pratiques de santé, tant pour la formation et la simulation que pour l’intervention ou la thérapie.
Elles enrichissent la perception du réel, permettent de reproduire des gestes pour l’apprentissage moteur, et d’immerger le patient dans un environnement virtuel contrôlé.

Réalité augmentée

Superpose en temps réel des données numériques (images, schémas, repères anatomiques…) à la réalité perçue, afin d’enrichir et de sécuriser l’acte médical, technique ou chirurgical.
Elle est utilisée en formation, en simulation, lors d’interventions ou en téléassistance.

Pr Benjamin Renaud-Picard
Réalité augmentée et simulation



« En pneumologie, nous utilisons pour la formation des étudiants au geste de la ponction pleurale, un simulateur visuel et sensoriel. Il est composé d’un mannequin, d’un bras robotique avec retour de force haptique (portant un petit stylet qui représente les différentes aiguilles utilisées), et d’un casque de réalité augmentée. Ce dernier permet d’avoir une vision normale de la peau du patient ou de voir en transparence les différentes structures anatomiques de sa cage thoracique et le trajet que doit emprunter l’aiguille. »


Points positifs
• La simulation en réalité augmentée permet de respecter le principe pédagogique : « jamais la première fois sur un patient », en sécurisant l’apprentissage des gestes invasifs.
• La combinaison de la vision augmentée et du retour de force haptique offre à la fois une compréhension anatomique fine et un ressenti manuel proche de la réalité clinique.
• La pratique de la simulation intégrant la réalité augmentée favorise une meilleure maitrise du geste et de l’organisation de l’intervention et améliore la confiance des étudiants. Elle réduit ainsi le stress lors de la première intervention.
• L’usage de la réalité augmentée en pneumologie permet d’envisager le développement de multiples scénarii d’apprentissages de gestes techniques, intégrant la visualisation de la variabilité anatomique comme différentes typologies de patients…

Points d’attention
• Une évaluation scientifique rigoureuse est nécessaire, auprès des étudiants, mais aussi des patients, afin de confirmer que la réalité augmentée apporte une authentique plus-value pédagogique et ne se limite pas à un dispositif technologiquement attractif.
• L’usage de la réalité augmentée est avant tout un outil pédagogique : son intérêt pour la pratique clinique n’est pas avéré aujourd’hui.
• L’accès à ce type de technologie dépend fortement des infrastructures disponibles (unités de simulation, partenariats industriels), ce qui pose la question de sa généralisation.

Réalité virtuelle

Immerge le patient ou le professionnel de santé dans un environnement interactif, entièrement simulé.
Utilisée dans le traitement des phobies, de l’anxiété ou des troubles post-traumatiques, mais aussi en rééducation, en simulation médicale et pour l’entraînement et la pratique de procédures chirurgicales complexes.

Dr Amaury Mangin
Le casque de réalité virtuelle


« Le casque de réalité virtuelle peut être utilisé afin d’apprendre à réguler ses émotions, par exemple : pour la phobie du vide. Le patient, immergé dans des environnements virtuels, évolue sur des hauteurs, progressivement de plus en plus importantes, jusqu’à marcher sur une poutre entre deux gratte-ciel… L’avantage est que le patient est exposé à des situations perçues comme réelles sans aucun risque ni danger. »


Points positifs
Autonomie d’usage, accompagné par un soignant.

Personnalisation des scénarii et choix des environnements d’immersion.

Création d’environnements divers en thérapie d’exposition, mais au sein du cabinet du soignant sans nécessité d’organiser des déplacements extérieurs.

Points d’attention
Une technologie lourde, des équipements fragiles et coûteux.

Un matériel encore peu mobile, comparativement à une application sur smartphone.

« Le mal de la réalité virtuelle », le casque de réalité virtuelle peut provoquer des malaises, vertiges, nausées ou désorientation…

Des interfaces parfois complexes pour des personnes âgées peu familières des environnements numériques.

Ce domaine recouvre l’ensemble des plateformes numériques qui relient usagers et professionnels autour de la santé : sites et applications, plateformes communautaires, réseaux sociaux, messageries sécurisées.

Réseaux pour les patients

Ces réseaux facilitent l’accès et la circulation de l’information, la prévention, la continuité de la relation thérapeutique avec les soignants, le partage d’expériences et le soutien entre les patients et leurs proches confrontés à des pathologies similaires.

  • Site ou application de prévention/information
    Ressources numériques qui informent les patients sur les risques et les comportements à adopter. Outils de sensibilisation, de repérages et de responsabilisation.
  • Site ou application d’accompagnement de soin
    Outils d’éducation thérapeutique, de suivi ou de coaching, souvent multimodaux (podcasts, vidéos, exercices guidés, auto-évaluations, etc.). Ils favorisent l’engagement du patient dans son propre parcours de soins.
  • Chatbots en santé
    Agents conversationnels automatisés qui orientent, informent ou soutiennent les patients. Utiles pour l’éducation ou le suivi, ils ne se substituent pas au soignant.
  • Plateforme communautaire de patients
    Espaces numériques intégrant des forums dédiés à l’échange d’expériences autour de pathologies. Elles renforcent l’autonomie, mais nécessitent un encadrement éthique et une modération rigoureuse des contenus.
  • Réseaux sociaux
    Outils de partage entre patients ou avec les professionnels. Ils facilitent les échanges, mais doivent être utilisés avec discernement afin de ne pas relayer de fausses informations.

Dr Amaury Durpoix
Vidéos d’information au patient

« La valeur ajoutée de notre chaîne YouTube et des vidéos d’information au patient que nous réalisons est que nous sommes toute une équipe à réfléchir ensemble, tous formés à la psychothérapie, avec un bagage universitaire et une pratique hospitalière qui enrichissent notre propos et sont un gage de qualité et de fiabilité des informations. »


Points positifs

La mise à disposition de vidéos d’information au patient, de façon totalement libre et gratuite, consultables à toute heure et en tout lieu permet :

– de palier le manque de disponibilité des patients et des soignants ;

– de passer outre la distance géographique 

– de compenser l’absence d’interlocuteur dans les déserts médicaux…

Les vidéos peuvent, par exemple, intégrer des mises en scènes de situations « sous-titrées » par un éclairage psychologique.

Les vidéos pour revoir une notion abordée lors d’une séance en présentielle, ou pour approfondir une question juste évoquée.

Les vidéos peuvent permettre de patienter avant ou de préparer un rendez-vous en présentiel, de le prolonger.

Points d’attention

Ces vidéos ne visent pas à remplacer l’entretien personnalisé avec le soignant, l’échange de questions et de réponses qui touchent à l’intime.

Réseaux pour les soignants

Communautés professionnelles en ligne où les soignants échangent des données, des connaissances, partagent des pratiques cliniques, débattent de cas ou s’entraident. Ils renforcent la veille scientifique, la coopération interprofessionnelle, la formation continue et l’actualisation des savoirs.

  • Réseau numérique fermé
    Réseaux sécurisés réservés aux professionnels pour la transmission de données médicales (dossiers, constantes, résultats…), conformes aux normes de confidentialité médicale : RGPD et HDS (hébergement de données de santé).
  • Messagerie professionnelle
    Système de communication sécurisé entre soignants, tel que MSSanté (messages écrits sécurisés entre soignants).

Dr Patrick Miroux
Réseaux de soignants et données probantes


« On estime que 30 à 40 % de nos connaissances médicales seront obsolètes à échéance de 5 ans. Aussi, nous devons mettre à jour régulièrement nos savoirs grâce à l’étude des données probantes et aux réseaux collaboratifs afin de faire évoluer nos pratiques. »


Points positifs

L’analyse des données probantes sont accessibles en 4 à 5 jours, alors que cela prenait une année il y a une vingtaine d’années.

Points d’attention

Chaque soignant a mis en place son mode de raisonnement.

Chaque soignant a une exposition différente aux pathologies.

Chaque soignant est plus ou moins souple.

Un gros changement pour, parfois, un tout petit bénéfice. Si les conclusions d’une étude qui porte sur un nombre important de patients sont évidentes, rapportées à la patientèle d’un soignant, cela peut représenter seulement un ou deux cas par an…

La robotique en santé regroupe les dispositifs automatisés ou assistés utilisés pour le soin, la chirurgie, la logistique, la formation ou l’assistance au quotidien. Elle améliore la précision des gestes du soignant, la sécurité et l’autonomie du patient, tout en ouvrant de nouvelles voies pour la simulation et la formation médicale.

Robots interventionnels

Assistants chirurgicaux pilotés par un humain, ils permettent des gestes extrêmement précis et mini-invasifs. Ils réduisent la durée d’intervention et d’hospitalisation, les douleurs post-opératoires, les complications. Leur usage nécessite une formation spécifique sur simulateurs robotiques, ainsi que de maîtriser de nouvelles modalités de coordination entre le chirurgien et son équipe.

Pr Christian Debry
Chirurgie robotique en ORL

« Nous avons deux types d’expériences des robots en chirurgie ORL. D’une part, une pratique quotidienne avec le Robotol, dans le cas des implants cochléaires. Ce robot permet d’introduire dans un tout petit orifice un guide avec un certain nombre d’électrodes de manière extrêmement précise, en évitant tout tremblement de la main. D’autre part, le robot Da Vinci, pour une utilisation plus large, pour retirer des cancers au niveau de l’oropharynx ou du larynx… Sur le plan de la recherche, au sein du service hospitalo-universitaire de Strasbourg, nous travaillons sur la télémanipulation et le développement de robots à la fois performants et frugaux, très techniques, à des prix abordables, qui prennent le moins de place possible, et qui soient faciles d’utilisation. »


Points positifs
Le robot améliore la précision du geste chirurgical, réduit les tremblements et facilite les interventions complexes.

En automatisant certaines actions, la robotique permet au chirurgien de se concentrer sur la décision médicale.

L’avenir est aux robots multidisciplinaires, qui peuvent être adaptés à plusieurs spécialités en changeant simplement d’outillage.

La robotique couplée à l’IA, à partir du traitement de données issues de l’ensemble des patients (films d’interventions, jumeaux numériques, etc.), pourra s’adapter à des fonctions chirurgicales spécifiques.


Points d’attention
Enjeux éthiques et juridiques, question d’assurances : en cas de problème, qui est responsable, entre le chirurgien et le fabricant ?

Coût et logistique : l’achat, l’entretien et l’utilisation quotidienne des robots sont coûteux et leur encombrement demeure un frein à leur diffusion.

Nécessité d’une approche multidisciplinaire : l’intégration de la robotique exige la collaboration entre chirurgiens, ingénieurs, informaticiens et éthiciens.

Le robot demeure un outil – il ne remplace ni l’expertise, ni la décision du chirurgien.

Robots de télé-intervention

Permet au chirurgien d’opérer à distance à l’aide d’un système visuel 3D haute définition et de bras robotisés. Si cette pratique chirurgicale reste encore rare en raison de contraintes techniques et financières, elle représente un champ d’expérimentation prometteur.

Robots de simulation

Associés à des consoles, modèles 3D, mannequins… dédiés à la formation médicale, ils simulent des signes cliniques, des réactions aux traitements, et permettent l’entraînement à des gestes techniques. Ils reproduisent les situations opératoires réelles (gestes, ergonomie, collaboration d’équipe). Ces simulateurs certifient les compétences techniques et favorisent la coordination interprofessionnelle au bloc opératoire.

Pr Nguyen Tran
Simulation et formation en chirurgie robotique


« La chirurgie assistée par la robotique peut être enseignée par la simulation de deux façons. Soit le chirurgien est seul devant une console et une simulation numérique du bloc chirurgical et du patient, soit le dispositif intègre également la salle d’opération complète, avec les professionnels qui travaillent en même temps que le chirurgien, le robot et un modèle 3D du corps du patient. »


Points positifs

La chirurgie robotique permet au chirurgien des gestes plus fluides et plus précis, en amortissant les tremblements de la main par exemple.

Elle offre un réel avantage visuel et opérationnel, le chirurgien peut visualiser en 3D la zone à opérer, zoomer au plus près de la cible, avec une grande flexibilité de mouvement de ses mains.

Avec cette technique, il y a une diminution de la perte de sang du patient lors de l’intervention, et une meilleure récupération après l’opération.


Points d’attention

La chirurgie robotique requiert une autre organisation du bloc opératoire et d’autres modalités de communication entre le chirurgien et son équipe.

Il y a un écart entre les potentialités et la réalité. Ainsi, quand bien même on peut opérer à distance, il faut en réalité deux chirurgiens, un à distance et un auprès du patient, et cette pratique est très coûteuse.

À l’avenir, si elle se généralise, il faudra porter une grande attention à la protection des données numériques en transit, entre la console et le robot.

Robot compagnon

Outils destinés à soutenir le bien-être du patient. Ces robots favorisent la stimulation cognitive, le soutien psychologique, la gestion des émotions.

Robot d’assistance

Outils d’assistance pour les personnes âgées ou handicapées. Ces robots combinent des fonctions d’aide à la mobilité, de rappel de traitements, de téléprésence et assurent la continuité du lien soignant/patient à distance.

  • Prothèse bionique
    Équipée de capteurs ou d’implants, elle interagit directement avec le système nerveux ou musculaire, traduisant les intentions motrices en mouvements.
  • Exosquelette robotisé
    Dispositif porté permettant de soutenir ou rétablir la mobilité, utile en rééducation et en maintien de l’autonomie.
  • Robot-livreur
    Autonome dans ses déplacements, il transporte matériel et médicaments au sein des établissements de soins.

Nano-robot

Microscopique, il agit à l’échelle cellulaire pour délivrer des traitements ciblés, encore au stade de la recherche.

Les SIS regroupent les outils numériques permettant de collecter, stocker, traiter et partager les données de santé en toute sécurité. Ils garantissent la traçabilité et la lisibilité du parcours du patient (partage du dossier médical, historique des examens et des soins, etc.), ils favorisent la coordination entre acteurs et son retour à domicile. En santé publique, ils assurent la remontée et l’analyse de données anonymisées vers les autorités (ARS), ils facilitent la gouvernance du système de soins, la prévention et la gestion des alertes sanitaires.

SIH

Système
d’Information
Hospitalier

Les SIS sont des outils numériques servant à collecter, stocker, sécuriser, traiter et partager les données de santé. Ils améliorent la coordination, le suivi des patients et la qualité des soins, tout en facilitant les analyses pour la santé publique et la gouvernance du système de soins.

Dr Mathieu Violeau
Données médicales en santé


« Les données médicales que nous collectons aux urgences sont exploitées par les ORU (Observatoire Régional des Urgences) puis transmises aux ARS, à la DGS, au ministère de la Santé, afin d’améliorer le pilotage opérationnel des politiques publiques, l’organisation et le financement du système de santé, la recherche et l’innovation, au bénéfice de la prise en charge des patients et de la qualité des soins. »


Points positifs
Optimiser politiques publiques et veille épidémiologique.

Réarmer le système de santé par de nouvelles datas, afin d’adapter les pratiques médicales aux enjeux actuels, aux nouveaux besoins.

Permettre à différentes professions, avec des regards différents, de travailler en équipe sur des projets communs de e-santé, de santé innovante.

Améliorer la qualité et la sécurité des soins pour faire face à de nouvelles crises, en ayant toujours « un coup d’avance ».

Personnaliser les prises en charges et optimiser les parcours des patients en fonction des différentes pathologies.

Points d’attention
Il faut que les données collectées dans les dossiers médicaux et administratifs soient les plus fiables possibles.

La complétude des dossiers est la condition d’une bonne analyse des données.

La donnée médicale est trop précieuse et stratégique pour ne pas être souveraine. Elle est le sujet d’enjeux éthiques (protection des données), sécuritaires (cybersécurité), écologiques (hébergement).

On est aujourd’hui encore trop dépendant d’entreprises qui ne sont pas françaises, en tout cas pas européenne. Il est à craindre que ces données soient utilisées à mauvais escient pour du business.

DUI

Dossier Usager Informatisé

Le DUI centralise les données utiles à l’accompagnement des personnes dans le champ médico-social. Il facilite la coordination des actions, la traçabilité et l’évaluation des projets personnalisés d’accompagnement.

SGL

Système de Gestion de Laboratoire

Le SGL est le cœur numérique du laboratoire de biologie médicale. Il gère les examens, automatise les flux, trace les résultats et garantit la qualité du processus analytique.

SIR

Système d’Information en Radiologie

Le SIS est un outil métier dédié aux radiologues. Il organise les rendez-vous, le pilotage des examens et la diffusion des comptes rendus d’imagerie.

LGC

Logiciel de Gestion de Cabinet

Le LGC équipe les professionnels de santé libéraux. Il facilite la gestion administrative et médicale des consultations, prescriptions, et la coordination avec les autres acteurs de santé.

LRM

Logiciels de Régulation Médicale

Les LRM sont des outils utilisés par les centres 15 (SAMU), les SMUR et les services d’incendie et de secours (SDIS) pour gérer les appels d’urgence. Ils permettent l’enregistrement de l’appel, la prise de notes, la localisation, l’évaluation médicale, l’orientation du patient, et l’organisation et envoi des secours.

DMP

Dossier Médical Partagé

Le DMP est un carnet de santé numérique sécurisé, alimenté par le patient et les soignants. Il centralise les données utiles au suivi et à la coordination des soins.

La télémédecine permet de réaliser des actes médicaux à distance, grâce aux TIC. Elle englobe plusieurs pratiques comme la téléconsultation, la téléexpertise ou la télésurveillance… Elle vise à améliorer l’accès aux soins tout en répondant aux défis géographiques, démographiques et organisationnels.

Téléconsultation

Consultation médicale à distance par interface sécurisée entre un patient et un professionnel de santé. Elle complète les consultations en présentiel dans un parcours de soins coordonné.

  • Chez soi
    Le patient consulte depuis son domicile, seul ou accompagné par un professionnel. Favorise le maintien à domicile et l’accès rapide à un médecin.
  • En pharmacie ou centre commercial
    Le patient consulte dans une cabine équipée. Solution d’accès rapide mais à la viabilité économique fragile et controversée.
  • Dans une maison de santé, maison de retraite…
    Le patient est accompagné par un soignant. Cette formule hybride rassure les patients éloignés du numérique tout en garantissant l’accès à l’expertise médicale.

Dr Jean-Philippe Kern
La téléconsultation assistée et augmentée


« Dans le cadre d’une téléconsultation assistée et augmentée, le médecin consulte un patient à distance, ce dernier est accompagné par un professionnel de santé disposant d’outils connectés. Dans le bureau d’un médecin en son absence, dans une pharmacie avec le pharmacien, dans le cabinet d’un infirmier libéral, dans une maison de santé, une salle communale, voire au domicile d’un particulier… »


Points positifs

La téléconsultation assistée et augmentée permet un examen complet du patient, assisté du télé-assistant qui peut utiliser différents outils connectés : stéthoscope, dermatoscope, otoscope… et palper avec ses mains par exemple le ventre du patient.

La qualité de la téléconsultation repose sur le tandem, médecin et télé-assistant.

Elle offre une réelle communication avec le patient, un face à face, les yeux dans les yeux.

La téléconsultation peut aussi permettre un suivi.

Points d’attention

Avant d’assoir un réseau et d’acquérir une crédibilité et la reconnaissance des confrères et des patients, il faut dépasser la question : est-ce que c’est un vrai médecin ?

Téléexpertise

Un professionnel de santé sollicite à distance l’avis d’un spécialiste à partir de données médicales partagées. Elle optimise le diagnostic dans des cas complexes ou rares.

Télérégulation

Un médecin régulateur (SAMU) évalue un patient à distance afin de définir l’action appropriée et de l’orienter au mieux vers l’offre de soins d’urgence la plus adaptée (envoi des secours, transfert vers un centre hospitalier, rendez-vous dans un cabinet médical).

Dr Amélie Vromant
La vidéorégulation


« La vidéorégulation change le rapport au patient que l’on a lors d’une régulation téléphonique. En vidéorégulation, on peut comme lors d’une consultation classique évaluer physiquement le patient, sans toutefois pouvoir le toucher. Elle offre de nouveaux outils, une autre sémiologie. »


Points positifs

La vidéorégulation permet d’affiner l’examen clinique du patient pour mieux l’évaluer.

C’est un plus pour le patient qui est rassuré que le médecin puisse le voir.

Points d’attention

Cela prend plus de temps.

Comme tout nouveau système d’évaluation, cela crée des biais :


– l’accès, tout le monde n’a pas un smartphone et une bonne connexion Internet

– l’âge de la patientèle

– une véritable « participation » du patient.

Téléassistance

Un professionnel de santé guide à distance un collègue lors d’un acte médical. Elle sécurise les pratiques dans des contextes techniques ou isolés.

Télésurveillance

Les données de santé d’un patient sont analysées à distance, en continu ou périodiquement. Elle permet de suivre le patient et d’ajuster le traitement, notamment pour les maladies chroniques.

Ces données sont transmises par des appareils validés médicalement pour la surveillance ou le traitement (glucomètre, pacemaker, etc.), voire le diagnostic.

Télésoin

Prise en charge à distance par un auxiliaire médical ou pharmacien. Il permet la continuité des soins, comme la rééducation ou l’éducation thérapeutique.

Téléprotection

Application ou Téléphone Grave Danger (TGP) utilisés par une personne menacée de violences dans le cadre conjugal afin qu’elle puisse alerter des proches de confiance ou les forces de l’ordre.